Evaluations proposées par Naima et Brigitte

COMPREHENSION ECRITE B2

Durée: 1h

Ces rats qui sauvent des vies humaines !

L’idée est née, il y a une dizaine d’années, en Belgique. D’un côté, des millions de mines (1) terrestres disséminées de par le monde, de l’autre, une lutte grandissante pour les interdire et les éliminer. Le jeune ingénieur, Bart Weetjens, imagine de contribuer à leur élimination en utilisant l’odorat particulièrement développé des rats. Encouragé par ses anciens professeurs, le sociologue Mic Billet et le biologiste spécialiste des rongeurs, Ron Verhagen, qui s’enthousiasment pour le projet au point de tenter l’aventure avec lui, il crée Apopo. Depuis, bénéficiant de soutiens internationaux, l’ONG Apopo s’est installée à l’université d’Agriculture Sokoïne de Morogoro, en Tanzanie, où elle forme des rats de Gambie au dépistage (2) des mines terrestres.

Après un passage d’un an et demi à l’université, les rats prennent la direction du Mozambique, pays ravagé par une longue guerre civile de 1977 à 1992. Comme partout ailleurs, et quelle que soit la technique employée, le travail est harassant, minutieux. Sur les 384 600 m2 qu’ils ont quadrillés, les rats d’Apopo ont détecté vingt mines, et surtout beaucoup de matériel explosif (des bombes, des grenades, des balles…). Le chiffre peut paraître dérisoire mais une mine désamorcée (3) est une vie de gagnée !

Les rats démineurs, qui s’entraînent quotidiennement, prennent la route de leur champ de travail. Petite halte en route pour acheter un régime de bananes, et l’entraînement peut commencer. Les rats sortent de leur cage, certains n’ont pas attendu qu’on leur ouvre la porte, leurs pattes habiles s’en sont déjà chargées, mais ils ne s’enfuient pas. Les dresseurs, qui travaillent par équipe de deux, tendent une corde de 10 mètres entre chaque balise de la zone d’entraînement. Les moustaches frétillantes, Nelson, un magnifique rat de Gambie de 1.5 kg avance le long de la corde qui lui sert de guide, et à laquelle il est retenu. En l’espace de quelques secondes, il a déjà parcouru 5 mètres. Soudain, son comportement change. Il s’arrête, renifle fortement, gratte le sol, fait le beau. Nelson connaît parfaitement l’odeur des explosifs et les règles de son travail : un bout de banane contre une mine… Même désamorcée ! Sitôt sa récompense avalée, il poursuit sa course le long de la corde, que les dresseurs déplacent par tranche de 50 cm. Il lui faudra moins de trente minutes pour quadriller 100 m. Un homme met une journée pour sécuriser 50m.

Si le programme de déminage du Mozambique touche à sa fin, il reste encore des zones à nettoyer. La conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, a en effet adopté les rats d’Apopo pour le déminage de ses onze pays membres. Certains comme l’Angola, le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda, la République Démocratique du Congo, ou encore le Soudan, sont tristement célèbres. Dans cette zone gigantesque, le défi est de taille pour les rats démineurs d’Apopo, comme pour tous les professionnels du déminage. Même si les techniques évoluent, le travail de localisation des mines prend du temps et fait appel à des techniques complémentaires. Les hommes travaillent efficacement, mais lentement, en raison des mesures de sécurité qu’ils doivent prendre. Les chiens sont très efficaces pour catégoriser une zone suspecte, mais ils sont souvent confus quand ils doivent localiser des mines dans des zones fortement contaminées. D’autre part, ils ne peuvent pas travailler pendant de longues périodes lorsqu’il fait très chaud. Plus résistants et, surtout, travaillant de manière plus mécanique, les rats ont alors tout avantage à prendre la relève, d’autant qu’un rat démineur coute entre un dixième et un trentième de la somme nécessaire pour acheter, dresser, et entretenir un chien.

Forts de bons résultats de leurs petits pensionnaires, les membres d’Apopo ont crée un laboratoire consacré au dépistage de la tuberculose, une maladie qui tue 2 millions de personnes par an. Les rats sont dressés de la même manière que pour les mines. Là encore, les rats ont l’avantage de la rapidité, en se montrant capables de traiter 160 échantillons de salive par heure contre 40 par jour pour un laborantin. Si les résultats des analyses portant sur plus de 900 échantillons aveugles tendent à prouver l’efficacité des rats, il faudra encore attendre quelques années avant que la technique devienne opérationnelle. Néanmoins, le laboratoire d’Apopo reçoit chaque semaine entre 500 et 1000 échantillons en provenance de quatre hôpitaux de Dar Es Salaam.

(1) mine: objet explosif enfoui dans le sol

(2) dépistage: recherche et découverte

(3) désamorcée: qui ne fonctionne plus

Source: revue “Pourquoi & Comment?”  N°4 – Février / Mars 2007

Pour information personnelle:

Comment soutenir Apopo?  http://www.herorat.org/

L’ONG propose sur son site  d’adopter un rat et de financer sa formation et son entretien pour 5 euros par mois.

Questions

Corrigé

COMPREHENSION ORALE B1

Modalités de passation: durée 1h, 3 écoutes espacées de 3- 4 mn, les élèves prennent connaissance des questions avant la première écoute.

Support:

[Audio http://sd-1.archive-host.com/membres/playlist/133413656024938762/cassiusclay2min04.mp3]

Questions

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